Santa Sindone

sito ufficiale



 Saint Suaire (Française) » Science » La recherche » La recherche informatique » Pour les non-voyants  
Pour les non-voyants    versione testuale
figure 22
figure 22

L’idée de rendre disponible pour les non-voyants aussi les signes effrayants de la souffrance qui se lisent sur le Suaire, est née d’un souci d’ordre pastoral : est-il possible de leur permettre de rencontrer personnellement le Suaire, et directement, sans l’intervention de la parole humaine ? Pour don Giuseppe Chicco, conseiller ecclésiastique du M.A.C. (Mouvement Apostolique des Aveugles) à Turin, cela semblait impossible, du moins au premier abord.
A l’occasion de l’Ostension de 2000 l’APRI, Associazione Piemontese Retinopatici e Ipovedenti (Association Piémontaise des Rétinopathiques et Hypovoyants) a pris contact avec la Commission Diocésaine pour proposer la restitution en 3D, grandeur nature, de la partie antérieure de l’empreinte entière du Suaire. Ont été parties prenantes le Département d’Informatique de l’Université, pour l’étude du modèle mathématique, et la Scuola di Carità Arti e Mestieri  (Ecole de Charité Arts et Métiers de Turin) de Turin pour la réalisation.
Le point de départ a été cette considération : la perception visuelle étant capable de diversifier les différents contenus informatifs, il doit en être de même pour la perception tactile. Le travail informatique s’est donc attaché à la création du modèle mathématique capable d’opérer sur les diverses informations présentes sur le tissu afin de les transformer en reliefs. On a utilisé dans ce but des filtres destinés aussi bien à éliminer ou au moins atténuer le bruit présent dans l’image (bruit dû entre autre aux vicissitudes subies par la toile) qu’à séparer la trame des empreintes, puisque seules celles-ci doivent être lues. On a ensuite appliqué la méthodologie pour la détermination du relief de l’empreinte du corps, en limitant les effets des taches de sang et des autres taches dues à d’autres liquides.
On a par contre fait ressortir les brûlures à l’aide d’un relief dont les paramètres ont été contrôlés de manière à le rendre perceptible mais différent de celui du corps. En ce qui concerne les rapiéçages, leur forme a été déterminée automatiquement et rendue par une dépression de la surface, afin qu’on puisse se rendre compte de leur présence comme pièces rapportées sur le linceul ; en effet, s’ils manquaient, la toile présenterait des lacunes exactement comme c’est le cas avec les deux parties manquantes en haut à droite et à gauche, là où le Suaire est cousu à la toile de Hollande.
Les données obtenues, regroupées et organisées dans une base de données ad hoc, ont été ensuite transmises à la firme DUEL qui les a converties pour les rendre utilisables par les fraiseuses mises à disposition par la firme « Zeta tre ».
Après avoir consulté l’APRI, à laquelle on propose un premier prototype, on décide de réaliser le relief sur un support en aluminium, métal considéré comme le plus approprié en raison de sa robustesse et de la qualité de perception tactile qu’il permet (figure 22).
La restitution du Suaire en 3D pour les non-voyants a été l’une des nouveautés les plus intéressantes de l’ostension de 2000, comme l’ont déclaré la Commission pour l’Ostension et les médias, et comme l’a confirmé la visite de plus de 500 non-voyants qui l’on lu durant le parcours du pèlerinage vers le Dôme.
Maintenant le relief se trouve au siège du Musée du Suaire, via San Domenico 28, à Turin. Le Suaire pour non-voyants possède une valeur scientifique et sociale. Cette réalisation, en effet, d’une part est la première restitution tridimensionnelle obtenue à l’aide d’instruments informatiques, présentant des détails coïncidant exactement avec ceux que l’on trouve sur l’image bidimensionnelle ; et d’autre part elle s’insère dans le vaste projet d’intégration des hypovoyants.
Pour la première fois les non-voyants peuvent ainsi éprouver les mêmes émotions que celles que ressent quiconque se trouve en présence du Suaire. Mais les voyants aussi apprécient beaucoup cette réalisation : on peut toucher de la main ce que l’on voit, et l’émotion s’en trouve accrue.