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Le Pape Paul VI, pour lâ019ostension télévisée de 1973   versione testuale

A notre vénérable Frère le Cardinal Michele Pellegrino, Archevêque de Turin, et à toute la sainte et bien-aimée Eglise confiée à son ministère pastoral et en pleine communion avec nous ! Et à tous ceux qui, à travers la radio et la télévision, suivent cette cérémonie ! Nous aussi, comme si nous étions présents, fixons le regard de notre esprit avec l’admiration la plus attentive et la plus dévote sur le saint Suaire, dont voici préparée à Turin, gardienne de cette si singulière relique, une pieuse et extraordinaire ostension.
Nous savons combien d’études se concentrent sur cette célèbre relique, nous n’ignorons pas quelle piété fervente et émue l’entoure. Nous nous souvenons encore quant à nous de la vive impression qui se grava dans notre esprit lorsque, en mai 1931, nous eûmes la chance d’assister, à l’occasion d’un culte spécial qui était alors rendu au saint Suaire, à une projection sur un grand écran lumineux, et que le visage du Christ, qui y était présenté, nous apparut si vrai, si profond, si humain et divin, tel que sur aucune autre image nous n’avions pu l’admirer et le vénérer ; ce fut là pour nous un moment de singulier enchantement.
Quel que soit le jugement historique et scientifique que des chercheurs de grand talent voudront émettre au sujet de cette surprenante et mystérieuse relique, nous ne pouvons pas ne pas former des vœux non seulement pour qu’elle serve à conduire les visiteurs à une observation réfléchie et sensible des traits extérieurs et mortels de la merveilleuse figure du Sauveur, mais encore qu’elle puisse également les amener à une plus pénétrante vision de son fascinant mystère caché.
Nous pensons à l’anxieux désir de le voir que la présence de Jésus dans l’Evangile suscitait ; plus que par curiosité, par attirance. Ainsi Zachée qui, comme le rappelle l’évangéliste Luc, « essayait de voir Jésus » (Lc, 19, 3) ; ainsi les Grecs arrivés à Jérusalem précisément au moment de la manifestation messianique dite des Rameaux, et qui s’adressent à l’apôtre Philippe en demandant : « Nous voulons voir Jésus » (Jn, 12, 21).
Voir Jésus ! Nous pensons à la face torturée et défigurée du Christ de souffrance, comme nous la décrit le prophète Isaïe : « Il n’a aucune beauté, aucune splendeur : nous l’avons vu et il n’avait aucune apparence… le dernier des hommes, l’homme des douleurs, … et nous l’avons considéré comme un lépreux… » (Isaïe, 53) ; lui, « le plus beau parmi les fils des hommes… » (Ps., 44, 3).
Oui, nous repensons à ce visage béni, qui dans la nuit de la transfiguration sur la montagne, éblouit les yeux effarés des trois disciples dans une apparition inoubliable (Mt, 17, 2-6 ; 2 Pi., 1, 16-18), presque ésotérique, théologique, que Jésus ouvre devant eux ; mais Jésus qui ensuite, lors de la dernière Cène, lorsque quelqu’un dans un élan naïf lui demande de lui faire voir le Père invisible et ineffable, déclare « Qui me voit, voit le Père » (Jn, 14, 9).
Alors : quelle chance, quel mystère de voir Jésus (cf Mt, 13, 16), Lui, vraiment Lui ! Mais pour nous, éloignés dans le temps et l’espace, cette béatitude nous est-elle soustraite ? Comment pourrons-nous nous aussi fixer le regard dans ce visage humain, qui en Lui resplendit comme Fils de Dieu et Fils de l’homme ? Serions-nous, comme les voyageurs aux yeux embrumés sur le chemin d’Emmaüs, qui ne reconnurent pas Jésus ressuscité dans le pèlerin qui les accompagnait ? (Lc, 24, 16).
Ou bien devrons-nous nous résigner, avec la tradition affirmée, par exemple, par Saint Irénée et Saint Augustin, à avouer que l’apparence humaine de Jésus nous est tout à fait inconnue ? C’est donc une grande chance que nous avons, si cette effigie attestée du saint Suaire ainsi parvenue jusqu’à nous, nous permet de contempler quelques traits authentiques de l’adorable figure physique de notre Seigneur Jésus Christ, et si réellement elle vient au secours de notre avidité, si brûlante aujourd’hui, de pouvoir le connaître avec nos yeux aussi !
Rassemblés autour d’une si précieuse et pieuse relique, nous sentirons, croyants et profanes, croître en nous tous le charme mystérieux de Sa personne, et nous entendrons résonner dans nos cœurs l’avertissement évangélique de sa voix, qui nous invite à le chercher là où encore Il se cache et se laisse découvrir, aimer et servir sous la figure humaine : « toutes les fois que vous aurez fait quelque chose pour l’un des plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’aurez fait » (Mt, 25,40).
Turin, pieuse et glorieuse de son saint Suaire, a bien su, et sait entendre cette voix révélatrice.