Titien
Vecelio, (Pieve di Cadore,
1488-9O - Venise,1576) e Jacopo
Palma le Jeune (Venise
1548-1628)
Pietà, 1570-76, huile sur
bois, Venise, Galeries dell'Accadémie;
cm 351 x 389 L'æuvre,
commencée par Titien et
"reverenter" complétée par
Palma (comme l'indique l'inscription en
bas), préesente un Christ qui n'est plus
l'imbre d'un homme, mais qui est très
lumineux, source lui-même d'une lumière
surnaturelle, soutenu par la Vierge, le
regard fixe sur son fils, et adoré par
un saint Jérôme très vieux (qui
peut-être aussi bien Joseph d'Arimathie,
ou Nicodème, ou encore saint Job), dans
lequel Titien fait son propre portrait.
La ligne oblique sur laquelle
s'organisent les trois figures continue
avec le geste désespéré et plein de
colère de la Madeleine, et elle arrive
à son sommet avec la statue de Moïse,
(symbole de l'Ancien Testament), appuyée
sur une base décorée par une protomé
de lion, possible allusion à Saint Marc.
Celle-ci est contrebelancée sur la
droite par la statue de la Sybille
Hellespontique, qui a prophétisé la
passion et la résurrection de Jésus, et
qui, pour cette raison, est représentée
dans l'attitude de soutenir une
croix.
Pour ce dernier tableau, que Titien,
dèsormains nonagénaire, aurait voulu
sur sa tombe aux Frari, le fond
monumental c'estune niche entourée de
piliers et un tympan d'inspiration
maniériste. Sur la couverture de forme
hémispherique de cette niche, un
scintillement de lumière crée un effet
incandescent, magmatique. Dans le
dernière période, Titien ne peint pas
uniquement avec les pinceaux, mais aussi
avec ses doigts, dans l'inquiétude
d'achever ses æuvres: ainsi les contours
s'estompent-ils, les formes se défont
dans une "alchimie" chromatique
et luministe qui touche aux frontières
de l'informel; la couleur devient une
matière solide et concrète.
La tregédie qui se consomme dans
cette atmosphère spectrale c'est celle
qui domine au moment de la mort de tout
être humain: mais une lumière toute
spirituelle s'oppose à la sombre
décomposition de la chair.
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