GREGOIRE DE NAREK, Le livre de prières, 66, IV
S'il me surprend ayant goute originellement à l'arbre,
lui, saisi par le mystère redoutable de la croix,
sera condammè pour toujours;
s'il me pousse à me rèvolter contre l'obèissance à l'ordre du Seigneur,
l'inclination de la tete de l'Infini le dètruira;
s'il me blesse à mort en me poursuivant,
l'arme de la lourde lance, enfoncèe dans le cotè du Crèateur d'adam,
le pourfendra;
s'il m'enveloppe de douleurs et de souffrances infernales,
l'ètoffe du suaire de Celui qui gouverne l'univers
le rendra prisonnier;
si par ruse il me faut regarder l'abime de la mort,
l'habitation du vivant dans le rocher de la mort
le tuera;
s'il se rèjouit devant mes chutes trop humaines,
de nouveau qu'il se courbe en se repliant exprès
à la vue du Dieu immortel qui, ressuscitant en gloire,
a renouvelè avec lui tous ceux qui sont morts.
HILAIRE DE POITIERS. In Mattheum, 8
Les actes dejoseph qui, ayant demandé à Pilate de lui rendre le
corps, l'enveloppe dans un linceul, le dépose dans un tombeau neuf taillé dans la pierre
et roule un rocher à l'entrée du tombeau, meme s'ils sont dans l'ordre des faits et bien
qu'il soit nécessaire d'ensevelir celui qui allait ressusciter d'entre les morts, sont
notés un par un, parce qu'ils ne sont pas sans quelque importance. Joseph figure les
apotres et c'est pourquoi, tout en n'ayant pas été au nombre des douze apotres, il est
appelé disciple du Seigneur. C'est lui qui enveloppe le corps dans un linceul propre; et
c'est dans cette meme toile que nous voyons toutes les especes d'animaux descendre du ciel
devant Pierre.
JEAN DAMASCENE, Sur la dormition, II, 17
Et toi, le plus saint des tombeaux sacrès, du moins après le
tombeau vivifiant du Seigneur, qui fut le berceau de la resurrection - je m'adresserai à
toi comme à un etre vivant-, où est l'or sans alliage que les mains des Apotres
dèposérent en toi comme un trèsor? Où est la richesse inèpuisable? Où est l'objet
prècieux recu de Dieu? Où est la table vivante, le livre nouveau dans lequel,
ineffablement, la Parole divine s'est inscrite sans le secours de la main? Où est l'abime
de la grace, l'ocèan des guèrisons? Où est la source gènèratrice de vie? Où est le
corps de la Mère de Dieu, object de tant de voeux et de tant d'amour? Pourquoi
cherchez-vouz dans un tombeau celle qui fut èlevèe aux demeures cèlestes? Pourquoi me
demander compte de sa perte? Je n'ai pas le pouvoir de m'opposer aux ordres divins.
Laissant son linceul, le corps saint et sacrè, qui m'a communique sa saintetè, m'a
embaumè de son parfum et a fait de moi un temple divin, ce corps a ètè enlevè et s'en
allè, escortè des anges, des archanges et de toutes les puissances cèlestes. Maintenant
en moi la divine grace rèside. Me voici devenu pour les malades le remède qui chasse
tous les maux. Je suis une source èternelle de guèrison; je suis la terreur qui met en
fuite les dèmons; je suis la ville de refuge pour ceux qui recourent à moi".
JULIEN DE VEZELAY, Sermon XVI (127-133)
Commento al versetto: "Ero nudo e voi mi avete
vestito".
Martin, par exemple, encore catéchumène, a coupé en deux son vetement et a revetu le
Christ. Joseph a descendu le Christ de la croix et l'a enveloppé d'un suaire, fournissant
ainsi à son cadavre nu un vetement, sans parler de l'embaumement. Fais de meme, toi
aussi, pour fleurir comme le lis en ce quatrieme petale. "Si tu as deux tuniques,
donne à celui qui n'a rien". Je n'ordonne pas d'en partager une, comme fit Martin,
mais si tu as deux tuniques et "que tu rencontres un pauvre nu, habille-le".
NERSES
SNORHALI, JESUS FILS UNIQUE DU PERE, 758-764
Comme à joseph d'arimathie,
Le disciple juste et saint,
accorde-moi ta personne comme don de la grâce,
Toi qui distribues à tous la vie.
Dans un linceul pur u as
été enveloppé,
Dans le tombeau neuf Tu as été placé;
Ne permets point que je sois pareil
A ceux qui descendent dans la fosse inférieure.
Mais daigne faire mourir mon
âme au vice,
vivifie-la pour la cèleste,
a cause du mystère de la sainte myrrhe
(Et) de l'encns pur au parfum suave.
Toi qui par les Churs angéliques
Es honoré avec crainte d'une manière invisible,
toi le même, Tu as été gardé par les soldats,
O gardien vigilant d'Israël.
Garde-moi par la droite,
Et confie-moi au saint Ange,
Pour me garder sain et sauf la nuit
Dans le combat invisible.
Tu as été scellé avec
l'anneau
De la garde sacerdotale dissolue;
toi qui es trésor de vie immortelle,
Tu as été caché au cur de la terre.
Les portes de mon esprit, de mes
sens,
Où se trouve l'entrée du bien et du mal,
scelle-les avec le Signe de ta croix,
et établis en moi le bien. |